Ascension par Mélanie du Mont-Blanc

Notre nouvelle ambassadrice gravit le Mont-Blanc en Meidjo

Mélanie en télémark sur le Mont-Blanc

Un jour nous recevons un magnifique poème présentant un beau projet : Faire le Mont Blanc en télémark mais particulièrement en Meidjo.
Mélanie rêvait depuis toujours de gravir cette montagne mythique et c'est sans hésiter que nous l'avons aidé dans son projet.
Vous allez découvrir cette belle aventure au travers de son récit et des belles images que Mélanie et Manu ont ramené de là haut.
Aujourd'hui THE M Equipment est fier d'avoir Mélanie dans son équipe d'ambassadeur.

  • 01 Lever Du Soleil
  • 02 Plan Mont Blanc
    Le chemin emprunté par Mélanie
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    Couché de soleil depuis le refuge des Grands Mulets (3051m)
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    Et nous sommes partie - direction le refuge des Grands Mulets (3051m)
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    Les séracs sont déjà là et très impressionnant
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    Passage rocheux - encordé bien sûr
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    Nous sommes au refuge - on se repose pour être en forme demain.
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    Et c'est parti - Il fait froid il y a du vent les piolets sont nécessaires
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    Mélanie radieuse et heureuse d'accomplir sont rêve
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    Le vent a beaucoup soufflé et continue à souffler - les efforts deviennent difficiles
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    Au dessus des nuages le panorama est magnifique - seul avec mon minet et notre guide sur la reine des montagnes
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    François en profite pour commenter le paysage - nous sommes seuls et l'objectif est devant nous.
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    Que dire... 30 cm de fraiche et je fais la trace derrière notre guide
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    Et ça continue
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    La vue du Mont Blanc depuis le Jura (190 km environs) - Un jour nous irons là haut

Et si l'on partait télémarker sur les pentes du Mont­Blanc ?
Voici l'histoire de deux jurassiens, un gars, une fille, passionnés par le télémark. Enfants, adolescents, et grands enfants, nous avons appris à skier et télémarker sur les pentes du massif : au Noirmont, à la Dôle avec un point de vue toujours aussi magique : les Alpes. Inévitablement, nos yeux se portaient sur le plus haut et le plus majestueux...Et dans notre tête, une petite phrase revenait : « Un jour, j'irai là­haut ».
Automne 2014, ça y est, c'est le moment, il s'agit de transformer ce rêve en projet ... On contacte notre guide télémarkeur, François Lacour, pour programmer l'ascension au printemps 2015. Certains la font à pied, d'autres en ski, nous, nous ne pouvions la réaliser qu'en talon libre.
Cet hiver...on sera à fond dans la préparation... ski de fond, une grande Transjurassienne, pour faire honneur à notre Jura, des montées en peau, à droite, à gauche, et du Télem bien sûr dans la pow, dans les cailloux et même sous la pluie !! On ne manquera pas quelques rassemblements, toujours aussi sympathiques : Varnavo (Jura), Chatelem (Châtel), Meidjo (la Grave), Black Shoes (Tignes), etc...bref autant d'activités pour avoir des cuisses et un foie en forme. Côté matériel, je voulais quelque chose de fiable, léger, et riche en sensation, du coup : ce sera des Meidjo (de The M Equipment) et rien que des Meidjo. Selon moi, elle est la fix tant attendue. Mon équipement skis et fixations pesait 3kg 780 (2kg 980 + 800g).
Nous partions pour en prendre plein les yeux ; il nous fallait donc les meilleurs accessoires dans ce domaine tant au niveau de la protection que du design. Sans hésitation, c'est avec des casques, masques et lunettes Julbo que nous nous sommes équipés. Ce sont deux entreprises françaises et on adore consommer « local ».
Après deux faux départs du fait d'une météo capricieuse , on décide de partir à l'aventure les 29 et 30 mai. Vendredi matin, on rejoint François à Chamonix. On vérifie les sacs : piolet, crampons, couteaux, dva, pelle, sonde, broche à glace, eau, du change et du chaud...et des en­cas. On emprunte le téléphérique de l'Aiguille du Midi. Notre voyage commence au Plan de l'Aiguille (2300m). La météo est avec nous, tout de bleu, le ciel est vêtu. A cette saison, on est obligé d'alterner des petits passages à pied et en ski jusqu'au glacier des Bossons. C'est le moment de s'encorder... et d'ouvrir encore plus grands nos yeux car le décor est splendide. Les traces, bien marquées, se fraient un chemin au milieu des séracs. On pourrait se croire dans une galerie d'art avec des sculptures de glace à droite et à gauche. On aperçoit de façon plus précise, notre refuge, hissé sur un éperon rocheux.
16h : arrivée au Refuge des Grands Mulets (3051m) après quelques pas d' « escalade ». Ludo, Armelle et compagnie nous accueillent chaleureusement dans leur logis « népalais ». Voilà la bonne heure...celle du saucisson au Bleu des Moussieres et de la bière. Une petite sieste puis repas copieux à 18h30. Et c'est sans doute là­haut que vous trouverez les toilettes avec la vue la plus éblouissante, la plus plongeante, la plus étonnante, la plus ...!!! 19H30, nous sommes déjà au lit mais l'endormissement n'est pas si facile. Le réveil est mis pour 1h15. Au lever, les nouvelles ne sont pas très bonnes côté météo et visibilité. Il neige et aucune étoile n'est à l’horizon.
2h30, Notre deuxième journée commence. Nous ajoutons rapidement les couteaux car il y a des passages soufflés et glacés. Nous sommes heureux d'avoir Francois en tête pour nous guider, nous protéger du vent et pour faire la trace !!!!!ça brasse !!!! Le GPS nous a donné un bon coup de main. Le jour a beau se lever, les nuages restent persistants. Les autres cordées feront demi-tour. Nous décidons d'attaquer l'arrête Nord du Goûter car le soleil nous a rejoint. Piolet en main, crampons aux pieds, il faut y aller pour 300m de dénivelé. Ce sera une sacrée séance de musculation des mollets car j'ai tendance à faire des pointes!! Les mecs m'entourent bien et m'encouragent. Grâce à mes pauses, on peut prendre de nombreuses photos !!Nous finissons par dépasser les nuages, la vue est spectaculaire, le soleil de plus en plus intense...c'est grandiose !
Nous profitons de chaque pause matérielle pour s'alimenter et s'hydrater. Je me refais une santé en chaussant les skis et en buvant un thé chaud, enfin... tiède. Manu commence à ressentir les inconvénients de l'altitude, les aspirines à croquer étaient un bon plan dans la poche. Notre rythme s'affaiblit, nous sommes essoufflés comme si nous faisions un sprint alors que nos jambes sont au ralenti.
On commence à apercevoir l'abri Vallot et ça met du baume au cœur. En arrière plan, le Mont Blanc brille et semble nous tendre les bras. Aucune cordée n'arrive ni par les 3 monts, ni du refuge du Goûter. Ces instants paraissent tellement magiques...sauf que le vent forcit par rafales. On voit que ça tourbillonne là­haut. Notre guide commence par nous dire qu'il y a des plaques à vent, et donc qu'il sera impossible de redescendre en ski depuis le sommet.
Arrivés à l'abri Vallot, les rafales de vent nous font chambiller, l'arrête des bosses est glacée. Une évidence s'impose à nous : il paraît dangereux voire impossible de rejoindre le sommet aujourd'hui mais quelques chose en nous espère un retournement de situation... Notre guide finira par trancher et notre ascension s'arrêtera à 4367m.
Le vent commence par nous transpercer, il faut avancer. Quand la motivation en prend un coup, les manipulations deviennent tout de suite plus difficiles surtout pour les doigts. Il nous faudra quelques mètres et surtout 30 cm de poudre nacrée pour alléger notre cœur lourd.
Cet or blanc aura alors le pouvoir de transformer nos grises mines en énormes sourires...L'avantage, c'est que nous sommes en forme...on a encore des cuisses pour fenter et on ne s'en privera pas. Notre guide nous fait une lecture aiguisée de terrain pour éviter crevasses et dangers. Nous n'avons qu' à suivre ses traces ou plutôt nous n'avons qu'à profiter de ces virages dans un paysage époustouflant. Les tons vont du blanc au bleu azur du ciel en passant par le turquoise des séracs.
Nous nous rendons compte que nous sommes en train de vivre un descente paradisiaque, on flotte.... Nous ferons un clin d'oeil au refuge en repassant devant les Grands Mulets. Le refuge est complet ce soir, il n'y a plus de place pour nous. Ce jour­là personne n'aura pu atteindre le sommet tant convoité. La nature nous rappelle que nous ne pouvons pas tout maîtriser. On croise des cordées prêtes à rejoindre à leur tour le refuge, en espérant que la chance soit avec eux demain. Quant à nous, nous n'allons pas nous arrêter là­dessus, nous repartirons l'année prochaine et un jour, c'est certain, nous irons jusqu'au sommet.
Si je peux conclure en deux phrases : l'important c'est d'être motivé et d'avoir la santé pour transformer ses rêves en réalité. Et l'essentiel c'est d''avoir de jolis rêves en tête pour trouver un sens à sa vie. C'est ça la liberté....

Méla du Jura

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